Didier Ait, auteur à succès

Didier Aït

Passionné par le monde de l’entreprise, Didier Aït exerce avec enthousiasme son métier de consultant en management et en systèmes d’information.

Il a pendant plus de vingt ans managé des équipes de cadres dirigeants, d’informaticiens et d’ingénieurs dans les domaines de la CAO mécanique, de la GPAO et des réseaux informatiques.

Après l’obtention d’un MBA (Management consulting MBA) à l’ESC Toulouse, il a fondé IA Praxis, un cabinet de conseil spécialisé en Intelligence Artificielle et en management, qui accompagne PME-PMI-ETI dans leur transformation numérique.

Il est également conférencier pour partager ses réflexions sur le malaise des chefs d’entreprises face à l’IA.

Rencontre avec Didier Aït

Qu’est-ce qui vous a conduit à vous spécialiser dans l’accompagnement de la transformation numérique des entreprises, et en particulier l’intelligence artificielle ?

Au cours de ma carrière, j’ai observé que le déploiement d’une même solution informatique aboutissait à des taux de réussite différents selon les entreprises.

A quoi était due cette différence ? Les dirigeants qui abordaient le projet sous l’angle purement technique, sans tenir compte des salariés, échouaient la plupart du temps. Au contraire, ceux qui impliquaient d’emblée l’ensemble des équipes dans leurs projets, obtenaient des résultats très positifs.

En tant que consultant au sein d’un grand cabinet français, j’ai dû accompagner toutes sortes de clients, même ceux dont je ne partageais pas les méthodes. Je me suis retrouvé face à des dirigeants de PME peu scrupuleux. Ils voulaient mettre en place des systèmes experts, pensant remplacer un maximum de leurs collaborateurs. Ils voulaient autremement dit remplacer l’humain par la machine, afin que personne ne découvre leurs malversations.

Comment peut-on collaborer avec des entreprises qui sont des machines à broyer les humains ? Je ne pouvais plus continuer de travailler ainsi sur des projets qui vont à l’encontre des valeurs que je défends.

Didier Ait, auteur
L’intelligence artificielle risque-t-elle de mettre à mal ces valeurs humaines que vous défendez ?
Didier Ait, auteur, intelligence artificielle

Certaines sociétés marginalisent les individus au profit d’une automatisation à outrance. Sans partage ni concertation, les salariés deviennent les parias de l’entreprise.

Le problème, c’est qu’avec le développement de l’Intelligence Artificielle, les entreprises risquent d’amplifier cette éviction humaine !

Une entreprise qui privilégie une course irrationnelle au profit, risque la fracture complète entre les acteurs de l’entreprise et l’IA.

Dans une démarche éthique, l’humain n’est ni remplacé, ni subordonné à l’IA. Il est au contraire « épaulé » pour augmenter ses performances.

Prenons deux exemples diamétralement opposés d’entreprises qui ont mis en œuvre un programme d’intelligence artificielle : la première au détriment de l’humain, la seconde pour renforcer ses compétences.

Cas n°1

C’est l’exemple d’une grande entreprise américaine de e-commerce, leader sur le marché mondial, qui a choisi d’automatiser et de robotiser à outrance toutes les procédures afin d’en tirer le maximum de profits, à tel point que l’humain est devenu un robot comme un autre ! Le géant de la livraison à domicile a déshumanisé le travail.

Didier Ait, auteur, intelligence artificielle

Cas n° 2

Prenons pour exemple cette enseigne de grande distribution française, spécialisée dans le bricolage et l’amélioration de l’habitat, qui a au contraire utilisé l’intelligence artificielle pour augmenter les compétences de l’humain, en développant un outil d’aide à la décision : en fonction du projet et à partir d’une photo fournie par le client, le système propose des solutions d’aménagement et de décoration de l’habitat (produits, éléments techniques, délais, prix…). Le vendeur peut s’appuyer sur cet outil, tout en continuant d’exercer son métier de conseil et en gardant un contact direct avec ses clients. De fait, tous les acteurs de l’entreprise ont été associés au projet pour faire du programme d’IA mis en place un outil d’aide à la décision.

Dans le premier cas, l’humain devient un robot comme un autre ! Dans le second cas, l’humain reste la pièce maîtresse du puzzle, c’est l’idée que je défends.

L’automatisation ne doit pas se faire au détriment de l’humain.
Elle doit permettre d’augmenter la performance des individus.

C’est pour accompagner des dirigeants qui partagent ces valeurs que j’en suis venu à créer ma propre société de conseil, IA Praxis, spécialisée dans l’intelligence artificielle et l’accompagnement à la transformation numérique des entreprises.

Que proposez-vous aux entreprises pour qu’elles réussissent leur transformation numérique ?

L’automatisation à outrance, sans respect des règles de mise en œuvre, est à bannir.
Un projet d’intelligence artificielle doit se dérouler en 3 grandes phases :

  • Etape 1 – Etudier la faisabilité du projet et choisir l’algorithme.
  • Etape 2 – Apprendre le métier à l’algorithme, selon des règles éthiques précises. C’est la phase la plus critique.
  • Etape 3 – Mettre l’algorithme en production afin qu’il puisse travailler de façon autonome.
Didier Ait, auteur, intelligence artificielle

Tout projet d’intelligence artificielle devrait à mon sens reposer sur les trois valeurs fondamentales que sont le partage, l’humilité et le professionnalisme.

  • Le partage – C’est partager le travail entre les acteurs de l’entreprise et partager des connaissances, en toute transparence.
  • L’humilité – C’est remettre l’homme à sa place ! L’approche hiérarchique et pyramidale des organisations appartient à une époque révolue. Un projet d’intelligence artificielle ne peut réussir sans la réflexion et l’implication à égalité de tous les acteurs de l’entreprise.
  • Le professionnalisme – C’est mener un travail d’analyse, de concertation et de réflexion, c’est respecter des règles et des procédures. Aucun projet d’intelligence artificielle ne tient du miracle !

Les entreprises ne doivent pas aborder leur transformation numérique comme un projet purement technique. Un projet d’intelligence artificielle repose sur des problématiques managériales autant que sur des problématiques techniques, même si les deux approches répondent à des logiques parfois diamétralement opposées. Il s’agit de trouver des terrains d’entente…

Au cours des prochaines années, l’intelligence artificielle va profondément métamorphoser l’entreprise. L’IA viendra en appui des activités de celle-ci, et sera un acteur à part entière. Cet acteur, on va l’éduquer, le former à notre métier et aux procédures pour qu’il en trouve de nouvelles. Cette formation doit être la plus proche possible des valeurs de l’entreprise et de la vision du chef d’entreprise.